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CBD : comment s’y retrouver et comment aider mon adolescent ? 

Rédigé par l’équipe de l’Institut du Cerveau de l’Enfant
5 min de lecture
CBD : comment s’y retrouver et comment aider mon adolescent ? 

Il n’est pas toujours simple de s’y retrouver entre les différentes substances issues du cannabis, comme le CBD et le THC mais aussi certaines molécules de synthèse comme le PTC (“Pète Ton Crâne”).

Ces trois fiches ont pour objectif de clarifier les différences entre le CBD, le THC et le PTC, de vous informer sur leurs effets indésirables possibles, et de vous apporter quelques repères pour dialoguer avec votre enfant et l’accompagner si une consommation apparaît.



Le CBD (cannabidiol) est une molécule issue de la plante de cannabis, mais sans effet psychotrope comme le THC (tétrahydrocannabidiol). 

Le CBD n’est pas classé comme stupéfiant en France s’il est isolé, avec un taux de THC inférieur au seuil légal, sa vente est cependant interdite aux mineurs

Il est vendu sous forme d’huiles, de tisanes, de bonbons ou de e‑liquides pour cigarette électronique.​

En France, le CBD n’a aujourd’hui aucune indication de prescription médicale chez les mineurs en dehors d’un médicament à base de CBD qui peut être prescrit pour des formes rares et sévères d’épilepsie.  

Les effets du CBD sur le cerveau en développement restent en effet mal connus. 

Aussi, beaucoup de produits disponibles dans le commerce ne sont pas contrôlés ou standardisés. Leur concentration varie et ils peuvent parfois contenir des traces de THC, ce qui peut exposer à des risques inattendus.



Les adolescents utilisent principalement le CBD pour  : 

  • Diminuer leur anxiété
  • Améliorer leur sommeil
  • Atténuer des douleurs physiques (maux de tête, tensions musculaires, règles douloureuses)


Les adolescents perçoivent le CBD comme un « produit naturel », son utilisation n’est cependant pas sans risque. 

En effet sa consommation peut entraîner : 

  • Une somnolence ou une sédation, surtout à doses élevées ou en cas de surdosage
  • Des troubles digestifs (diarrhées, nausées) et parfois une perte de poids

⚠️ Une attention particulière doit être portée si votre enfant a un diagnostic de trouble psychiatrique (trouble anxieux, dépression) ou de trouble du neurodéveloppement (TDAH, autisme) ou s’il prend un traitement psychotrope.



Certains adolescents l’utilisent pour « se soigner eux‑mêmes » d’une anxiété ou d’un trouble du sommeil sans parler de leur souffrance à un adulte, ce qui peut retarder une prise en charge adaptée.​

L’entourage peut être rassuré à tort parce que « ce n’est pas du THC », ce qui minimise le besoin d’évaluer le contexte psychique (harcèlement, trauma, dépression…).​

L’usage de CBD peut coexister avec d’autres consommations (alcool, THC, nicotine), et servir de « porte d’entrée » pour tester ensuite des produits plus risqués.​



Favoriser un climat de confiance, sans jugement en respectant son consentement et son intimité. 

Exprimer à votre adolescent qu’il est normal de vivre des conflits mais qu’il est important de pouvoir communiquer sur les désaccords de manière ouverte et respectueuse.

Aidez votre adolescent à verbaliser ses émotions et ses besoins, et utilisez l’écoute active : « Tu nous dis que tu te sens stressé… », « tu as dis avoir besoin de consommer car tu te sens triste … ».

Exprimez vos inquiétudes sans reproche, en vous appuyant sur vos besoins : « Je suis inquiet parce que j’ai besoin de savoir que tu es en sécurité », « Je suis inquiet de savoir que tu consommes parce que j’ai peur des conséquences ».

En cas de tension, faites une pause pour reprendre la discussion à froid.

Autorisez l’expression émotionnelle par d’autres moyens (roue des émotions, dessin, écriture, etc.)

Privilégiez la négociation de règles plutôt que les interdits absolus : co-construisez le cadre ensemble pour une meilleure adhésion.

Valoriser et valider les idées proposées par votre enfant lorsqu’elles sont pertinentes.

Reconnaître que le CBD n’est pas équivalent au THC, mais expliquer que « naturel » ne signifie pas « sans danger » et que la qualité des produits est très variable.​

Poser des questions sur ce que votre enfant cherche à soulager : anxiété, mal au ventre, ruminations, problèmes de sommeil, douleurs… et proposer une évaluation médicale ou psychologique si la souffrance est importante.​


  • Drogues Info Service : Ligne téléphonique gratuite et anonyme 0 800 23 13 13 (7j/7, 8h à 2h), site internet (www.drogues-info-service.fr) et chat en ligne pour conseils, écoute, orientation vers des structures d’aide en France.​
  • Consultations Jeunes Consommateurs (CJC) : Accueil spécialisé pour jeunes et familles dans chaque département, accessible sans jugement pour conseils, bilan et orientation thérapeutique.​
  • Centres spécialisés en addictologie (CSAPA) : Réseau de professionnels en France pour un accompagnement global (psychiatre, psychologue, travailleur social).​

Consultez notre autre fiche sur le PTC ici et sur le THC ici

Consultez nos autres fiches et vidéos ici.

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Références

Contenu rédigé par l'équipe de l'Institut du Cerveau de l'Enfant (AP-HP).