Comment accompagner mon enfant si un proche lui confie des idées suicidaires ?
Source : https://www.clepsy.fr/comment-accompagner-mon-enfant-si-un-proche-lui-confie-des-idees-suicidaires/
Imprimé depuis clepsy.fr — Institut du Cerveau de l'Enfant (AP-HP)
Votre enfant vous rapporte qu’un ami, un camarade de classe ou que son frère/sa sœur lui a confié avoir des idées suicidaires. Cette révélation, difficile, peut faire naître des inquiétudes et des questions chez vous et votre enfant. Ce guide a été conçu pour vous accompagner et vous aider à le soutenir au mieux dans cette situation.
Etape 1 : Comprendre l’impact sur votre enfant
Gardez votre calme : essayez de ne pas réagir avec panique ou anxiété, même si vous êtes inquiet·e.
Ecoutez sans minimiser : il est important que votre enfant puisse vous raconter ce que lui a dit ce camarade, qu’il se sente entendu et en sécurité et puisse vous dire comment il s’est senti et ce qu’il comprend de la situation.
Validez ses émotions : « Je comprends que cela ait pu te faire très peur / que tu sois choqué(e). C’est une situation très lourde ».
Evaluez : il s’agit de savoir ce qu’a ressenti votre enfant : Anxiété ? Peur ? Culpabilité ?
Votre enfant a pu se sentir obligé d’aider ce camarade sans savoir comment faire et avoir peur de trahir la confiance de son ami en vous en parlant.
Etape 2 : Que dire à votre enfant ?
Valorisez sa confiance à votre égard et le remercier de vous en avoir parlé : « Merci de m’avoir raconté ça, c’est très important que tu me le dises. »
Essayez de le déculpabiliser et de soulager son sentiment de responsabilité en lui disant par exemple : « Tu n’es pas responsable de la santé de ton ami. Ta mission, c’est d’être un(e) bon(ne) ami(e) en en parlant à un adulte qui pourra l’aider. C’est ce que tu as fait, et c’est parfait. »
Clarifiez avec lui la différence entre un « secret » qui peut être lourd et dangereux, et une « confidence » qui doit être partagée avec des adultes de confiance pour protéger quelqu’un. « Quand la vie d’une personne est en danger, on ne garde pas le secret, on cherche de l’aide. »
Rassurez-le et aidez-le à comprendre ce qu’il a entendu : « quand quelqu’un dit qu’il veut mourir ça ne veut pas forcément dire qu’il veut mourir, souvent ça signifie qu’il souffre beaucoup et qu’il ne sait pas comment faire. C’est pour ça qu’il est important qu’il soit aidé par des personnes adultes qui savent gérer ce genre de situation ».
Etape 3 : Que faire concrètement ?
1) Evaluer l’urgence de la situation
Vous pouvez poser des questions à votre enfant (sans le forcer) pour comprendre le contexte : « Qu’est-ce que ton ami a dit exactement ? » « Est-ce qu’il a parlé de comment il voudrait se faire du mal et quand ? » « Est-ce qu’il a demandé de l’aide à quelqu’un d’autre, à part toi ?
2) Agir suivant le niveau d’urgence
Situation d’urgence immédiate (plan précis, les moyens de le mettre en œuvre, et l’intention de passer à l’acte dans un futur très proche) :
- Composer le 15 (SAMU) et expliquez la situation clairement.
- Si cela vous semble nécessaire et possible, vous pouvez vous rendre sur place ou contacter un proche de l’enfant en danger qui peut intervenir
Situation préoccupante mais non urgente :
- Si c’est un camarade, informer l’équipe médicale scolaire (médecin, infirmière, psychologue…) pour une intervention discrète et efficace
- Si c’est un-e ami-e de votre enfant et que vous connaissez les parents, les prévenir avec tact
- Si c’est un des enfants de la fratrie, consultez la fiche clépsy « mon enfant a des idées noires, des idées suicidaires, que faire ? »
- Contacter le 3114 (numéro national de prévention du suicide)
👉 Même si l’on n’est pas certain des dires de son enfant, il est important de le prendre au sérieux plutôt que de banaliser en ne faisant rien.
Etape 4 : Soutenir votre enfant
Il est essentiel de créer un environnement sécurisant pour aider votre enfant à traverser cette période difficile.
Soutenez-le en passant du temps de qualité avec votre enfant
Maintenez le dialogue ouvert et demandez-lui comment il se sent après ces événements. Validez ses émotions en reconnaissant et acceptant ce qu’il ressent sans jugement et lui dire que vous êtes là pour l’écouter s’il ressent le besoin d’en parler à nouveau.
Si vous avez l’impression qu’il est anxieux par cet évènement, consultez la fiche « Parents, comment repérez les signes de stress chez son enfant » et proposez lui par exemple un exercice de relaxation fiche « La relaxation à la maison avec votre enfant »
Si vous voyez un changement dans son comportement (irritabilité ou changement d’humeur, diminution du plaisir, baisse de motivation, baisse d’appétit, troubles du sommeil, cauchemars) proposez-lui d’en parler avec un professionnel (médecin traitant, psychologue, etc.).
cf fiche « Dépression : comment repérer les signes et aider son enfant ».
Etape 5 : Et pour vous, en tant que parent
Reconnaissez que cette situation est aussi stressante pour vous. Parlez-en à votre conjoint(e) ou à un proche.
Vous pouvez appeler le 01.48.00.48.00 (numéro vert d’information, d’orientation et d’écoute psychologique et psychiatrique).
N’hésitez pas à demander conseil à votre médecin traitant ou à un professionnel de santé mentale pour vous-même.
Numéros utiles
- SAMU : 15
- Numéro national de prévention du suicide : 3114
- Numéro vert d’information, d’orientation et d’écoute psychologique et psychiatrique (PSY-IDF) : 01.48.00.48.00
Références
Contenu rédigé par l'équipe de l'Institut du Cerveau de l'Enfant (AP-HP).

