Mon enfant fugue régulièrement, que faire ?
Si votre enfant fugue fréquemment, cela peut générer inquiétude et sentiment d’impuissance. Pourtant, il existe des stratégies pour favoriser sa sécurité, rétablir le dialogue et améliorer le bien-être familial.
Comprendre la fugue chez l’enfant et l’adolescent
Cette expérience peut être très angoissante et déstabilisante. Sachez que la fugue n’est presque jamais un « caprice » : elle révèle le plus souvent une souffrance, un sentiment de ne pas être compris ou une tentative d’échapper à une situation vécue comme invivable.
Les causes peuvent être diverses : tensions familiales, isolement, difficultés à l’école, harcèlement, besoin d’indépendance, questions autour de l’identité ou de l’estime de soi.
Que faire quand votre enfant est en fugue ?
Si vous vous apercevez que votre enfant a quitté le domicile sans prévenir et ne rentre pas, voici les pas essentiels à suivre :
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- Essayez de rester calme : il est normal d’être inquiet, mais il est important de préserver autant que possible votre calme pour réfléchir à la meilleure manière d’agir ensuite.
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- Contactez les proches et amis : demandez à la famille, aux voisins, aux amis de votre enfant ou à leurs parents s’ils ont des nouvelles. Vérifiez s’il est possible de le joindre sur son téléphone ou via les réseaux sociaux.
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- Avertissez les lieux fréquentés par votre enfant : l’établissement scolaire, les clubs ou autres.
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- Recherchez votre enfant dans les lieux qu’il a l’habitude de fréquenter : parc, terrain de sport, etc…
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- Notez tous les éléments utiles : gardez sous la main une description précise (photo récente, vêtements portés, signes distinctifs) et les circonstances de la fugue (heure, lieux, événements récents) pour transmettre rapidement ces informations. Vérifiez également si votre enfant a pris des affaires personnelles ou s’il a laissé une lettre par exemple.
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- Si votre enfant est toujours porté disparu après ces vérifications prévenez la police ou la gendarmerie : il n’y a pas de délai à respecter pour signaler la disparition d’un mineur. Remettez tous les éléments recueillis aux forces de l’ordre. Demandez à ce que l’on vous tienne informé et prenez les coordonnées du service enquêteur.
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- Gardez une porte ouverte au dialogue : si votre enfant prend contact, montrez-lui que son retour et sa sécurité priment sur tout le reste. Même si la colère ou la peur sont là, essayez de le rassurer, de l’écouter sans jugement, et proposez-lui de rentrer quand il sera prêt.
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- Contactez les dispositifs spécialisés : le numéro d’urgence 116 000 enfants disparus (7j/7, 24h/24) peut vous guider, vous écouter et mobiliser un réseau d’aide, y compris en dehors de la France.
Quand il revient… comment réagir ?
Le retour à la maison est souvent un moment compliqué pour tout le monde. Même si la peur ou la colère sont présentes, gardez à l’esprit : votre accueil bienveillant est déterminant. Montrez à votre enfant que sa sécurité passe avant tout. Rétablir une communication progressive est indispensable pour comprendre ce qui le pousse à fuir :
# Commencez par lui signifier que vous êtes soulagé(e) de le voir rentrer.
# Essayez de l’écouter sans juger ni interrompre.
# Respectez le temps de l’enfant pour amorcer une discussion. Certains enfants auront besoin de temps pour être disponibles pour échanger. Cela peut par exemple passer un par un dans leur chambre.
# Posez des questions ouvertes « Qu’est-ce qui t’a poussé à partir ? », « Est-ce qu’il y a quelque chose qui te fait souffrir ? ”. L’objectif est de comprendre, pas d’obtenir des « aveux ».
# Évitez toute condamnation ou sanction immédiate, cela freinerait le dialogue et risquerait d’isoler davantage votre enfant.
Prévenir les risques de récidive
Vous pouvez aider à réduire le risque que la fugue se répète, en mettant en place quelques repères :
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- Accordez de l’espace : votre enfant a besoin de sentir qu’il peut parler sans crainte d’être puni ou incompris.
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- Établissez ensemble des règles rassurantes et réalistes : horaires, information sur ses allées et venues, recours possible à un adulte de confiance hors du foyer si besoin.
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- Repérez les signaux d’alerte : tristesse, isolement, repli, menaces de fuir, accumulation d’argent ou d’objets en cachette. Essayez de vous souvenir des signaux qui auraient pu vous interpeller avant sa fugue car ils risquent d’être similaires.
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- Rappelez-lui qu’il compte pour vous et qu’il a sa place dans la famille, peu importent les conflits ou difficultés du moment.
Quand demander de l’aide ?
N’hésitez pas à consulter un professionnel (médecin, psychologue, assistante sociale, aide sociale à l’enfance) :
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- Les fugues sont répétées ou deviennent de plus en plus risquées avec des mises en danger plus importantes.
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- Le dialogue s’enlise, le climat se détériore à la maison.
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- Vous identifiez une souffrance psychique, un trouble du comportement, des conduites à risques, ou des situations de violence.
Un accompagnement éducatif, psychologique, médical et parfois judiciaire peut parfois s’avérer nécessaire : guidance parentale, aide éducative à domicile (cf fiche Aide Educative à Domicile)
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- pour travailler autour du lien entre vous et votre enfant
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- pour rechercher une éventuelle pathologie associée
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- pour vous soutenir et vous orienter
Prendre soin de soi
Cette situation est éprouvante ; il est essentiel de penser aussi à vous. Parler de vos inquiétudes auprès d’un professionnel, rejoindre un groupe de soutien ou simplement échanger avec d’autres parents peut être une aide (116 000 enfants disparus, 01 83 01 00 77).
À retenir
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- La fugue est le plus souvent une alerte : elle signale un malaise à prendre au sérieux.
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- L’écoute, l’accueil et l’absence de sanction immédiate favorisent la reprise du dialogue.
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- Le recours à un professionnel est vivement conseillé si le phénomène se répète ou met en danger l’enfant.
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- Les parents et proches ont eux aussi besoin de soutien dans ces moments difficiles.
Contacts utiles
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- 116 000 enfants disparus
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- 119 allô enfance en danger
Consultez nos autres fiches ici.
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Références
Contenu rédigé par l'équipe du service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent de l'hôpital Robert Debré (AP-HP).