Comment prévenir le risque de harcèlement chez les enfants avec TSA (Trouble du Spectre de l’Autisme) ?
Imprimé depuis clepsy.fr — Institut du Cerveau de l'Enfant (AP-HP)
Apprendre à faire la différence entre la plaisanterie et la taquinerie qui sont bienveillantes et la moquerie qui est malveillante
Les enfants et adolescents avec TSA ont parfois des difficultés à décrypter l’intention de la personne avec qui ils communiquent (TSA : comprendre la pragmatique du langage | CléPsy | CléPsy). La différence entre plaisanterie/taquinerie bienveillante (dont le but est de faire rire ou d’amuser la personne concernée) et moquerie (dont le but est de blesser ou d’humilier) n’est pas toujours facilement comprise. Cela peut donc amener l’enfant à banaliser certaines situations et à ne pas reconnaitre des situations de harcèlement lors de moqueries répétées par exemple (Autisme : Aider son enfant à comprendre l’humour : s’agit-il d’une plaisanterie, d’une taquinerie bienveillante ou d’une moquerie à caractère négatif ? | CléPsy | CléPsy).
Il est donc primordial d’entraîner votre enfant à distinguer les plaisanteries ou taquineries bienveillantes des moqueries, en reprenant à la maison certaines situations vécues dans la cour par exemple. Les jeux de rôle représentent un support très efficace pour aider les jeunes.
Vous trouverez ici 1 des suggestions de livres à découvrir avec votre enfant pour mieux comprendre les différences entre plaisanteries et moqueries et ajuster ses réponses en conséquence.
Sensibilisation à l’autisme en milieu scolaire
Parler du handicap de votre enfant en milieu scolaire contribue beaucoup à la déstigmatisation et prévient des risques de harcèlement
Expliquer les difficultés de votre enfant à l’équipe éducative permet aux adultes de l’école/collège d’être plus vigilants quant au bien-être de votre enfant et de pouvoir repérer plus rapidement les situations de vulnérabilité.
Mieux vaut informer l’équipe le plus tôt possible, en demandant un rendez-vous avec l’enseignant/professeur principal de votre enfant ou l’équipe de direction de l’établissement. Vous n’êtes pas obligé de rentrer dans des détails très précis mais l’important est d’expliquer les forces de votre enfant (par exemple une très bonne mémoire, un esprit logique, des compétences particulièrement développées dans les domaines touchant ses centres d’intérêts, …) et ses difficultés (par exemple difficultés à comprendre les codes sociaux, à supporter les changements ou le bruit, …).
Plus l’équipe sera informée des difficultés, plus il sera possible de prévoir des aménagements afin que les difficultés de votre enfant soient atténuées.
Vous pouvez proposer à l’enseignant d’effectuer des points réguliers (par le biais d’un cahier de liaison ou d’échanges ponctuels), ceci permettra d’être informé au plus vite des points de vigilance et de pouvoir y répondre de manière rapide s’il y en a.
Parler du handicap et de l’autisme à l’école et sensibiliser l’établissement permet de modifier la représentation des élèves vis-à-vis de ces difficultés
Cela sera utile pour tous les enfants et aidera à limiter les risques de moqueries et de harcèlement. Ces interventions peuvent être réalisées par l’infirmière scolaire ou un autre membre de l’établissement ou par un des professionnels accompagnant l’enfant par exemple.
⚠️ Il est essentiel de prévenir votre enfant en amont de cette intervention. Cela lui évitera de se sentir pris au dépourvu. Il peut choisir également d’être présent ou non lors de ce moment.
Parfois, l’enfant lui-même peut réaliser un exposé sur l’autisme à présenter à sa classe s’il le souhaite. Dans ce cas, laissez-le choisir le support qu’il préfère (texte ou petit livre lu, diaporama, affiche, vidéo qu’il aura préalablement enregistrée). Un adulte devra être présent (et informé au préalable) pour s’assurer que les échanges se déroulent dans la bienveillance et reformuler si besoin.
ll n’est pas nécessaire d’entrer dans des explications trop techniques. L’essentiel est d’utiliser des mots simples, en lien avec ses propres difficultés.
👍Par exemple : « Si je ne regarde pas dans les yeux, ce n’est pas parce que je ne veux pas parler avec vous, mais parce que c’est difficile pour moi ».
Votre enfant peut aussi expliquer à ses camarades ce qui pourrait l’aider au quotidien.
👍Par exemple : « Quand il y a trop de bruit, cela peut devenir insupportable pour moi et je peux me mettre en colère. Si vous me voyez mettre mon casque, cela signifie que j’ai besoin de calme ».
Enfin, il est important qu’il évoque non seulement ses différences, mais aussi ce qu’il partage avec les autres.
👍Par exemple : « Parfois, je m’intéresse à des choses qui passionnent moins les autres, comme les chiffres. Mais comme vous, j’adore jouer au ping-pong à la récréation ».
Surveiller les réseaux sociaux de votre enfant : Les réseaux sociaux sont un terrain propice au harcèlement
Les aider à comprendre l’implicite des messages ou des vidéos dans les réseaux sociaux : L’utilisation des réseaux sociaux n’est pas toujours facile pour les enfants présentant des difficultés à décoder l’implicite et le second degré, souvent utilisés dans les discussions virtuelles. Lors de ces échanges, les indices qui permettent habituellement une meilleure interprétation du message de l’autre (comme les expressions du visage, le ton de la voix, la posture) ne sont pas présents et sont souvent remplacés par des émojis dont l’interprétation n’est pas toujours facile.
Lui expliquer précisément le cadre d’utilisation des réseaux sociaux. Il est important de l’aider à mieux connaître les réseaux sociaux et de lui préciser les règles simples (qu’il faut lui donner par écrit) :
- Ne pas parler à des inconnus
- Ne jamais envoyer de photo personnelle
- Demander à ses parents avant de répondre à quelqu’un de nouveau
- Prévoir avec votre enfant des scénarios sociaux (type « si quelqu’un te demande X‚ alors tu fais Y »)
Utiliser des outils de contrôle parental (à adapter selon l’âge de votre enfant) :
- Voir le temps d’écran
- Recevoir des alertes en cas de message suspect
- Bloquer certaines applications
Paramétrer les réseaux sociaux. Sur chaque plateforme (Instagram, TikTok, Snapchat) / Idéalement créer le compte avec lui pour lui expliquer chaque paramètre.
- Compte privé obligatoire
- Désactiver les messages des inconnus et la géolocalisation
- Filtrer les commentaires
Surveiller sans espionner
- Erreur fréquente : surveillance intrusive = perte de confiance. Il faut donc privilégier : « regardons ensemble les messages », « je regarde pour te protéger ».
- Mettre en place une routine hebdomadaire de surveillance
Signaux d’alerte à surveiller
- Isolement soudain
- Anxiété après usage du téléphone
- Secrets inhabituels
- Changement de comportement
- Recommandations de livres
Anaïs Sautier (2026), le rire, Mes p’tits pourquoi
Anaïs Sautier (2026), on se moque de moi, Mes p’tits pourquoi
Judy S. Freedman et Mimi P. Black, les moqueries, non merci !
Anthony Browne (1991) Marcel la mauviette, École des loisirs
Alan Mets (2012), Dragounet, École des loisirs ↩︎
Références
Contenu rédigé par l'équipe de l'Institut du Cerveau de l'Enfant (AP-HP).

