Communication Alternative et Améliorée (CAA) : Comment s’y prendre concrètement ?

Source : https://www.clepsy.fr/communication-alternative-et-amelioree/
Imprimé depuis clepsy.fr — Institut du Cerveau de l'Enfant (AP-HP)
Vous êtes parent, professionnel ou proche d’un enfant et souhaitez vous lancer dans la Communication Alternative et Améliorée (CAA) mais vous ne savez pas par où commencer ? Pas d’inquiétude : cette fiche est là pour vous guider dans vos tout premiers pas.
Avant tout, gardez en tête qu’il n’existe pas de « mauvaise » manière de se lancer. L’essentiel est de soutenir la communication de votre enfant, qu’il s’agisse de mieux comprendre ce qu’il veut dire ou de l’aider à s’exprimer. Et si vous mettez du temps à trouver le bon outil ou la bonne image, ce n’est pas grave : nous avons tous manqué de fluidité au début !
Quel que soit l’outil choisi, un bon point de départ est d’intégrer la CAA dans des moments simples et plaisants du quotidien — des moments que votre enfant apprécie, et que vous pouvez partager ensemble.
Vous pouvez découvrir les outils existants de CAA ici. L’objectif est de vous aider à démarrer avec des supports faciles à utiliser, même sans accompagnement professionnel spécialisé. Il s’agit de choisir un outil en fonction du profil, des besoins et des préférences de la personne que vous accompagnez.
Certaines personnes seront attirées par les images ou les photos, d’autres réagiront bien à des gestes ou à des pictogrammes : fiez-vous à ce que vous observez, testez, ajustez. Les outils peuvent évoluer avec le temps, selon ce qui fonctionne le mieux pour votre enfant. Dans cette fiche, vous trouverez donc des pistes concrètes pour débuter la communication alternative et améliorée à la maison ou dans les situations du quotidien.
Communication Alternative et Améliorée : les tableaux de communication ou de pictogrammes
Ce sont des tableaux avec des pictogrammes, c’est-à-dire des images signifiantes. Ils sont créés pour communiquer dans une situation ou activité spécifique. Ils permettent d’avoir sur une seule feuille tout le vocabulaire lié à une thématique ou à une activité, les verbes pour décrire les actions ainsi que les réactions et émotions que l’activité peut susciter. Parfois ils sont aussi appelés “tableau de langage assisté” (TLA). Ils peuvent être volants sur une feuille A4 plastifiée et à disposition en fonction du lieu (cuisine, voiture, salle de bain…), réunis dans un classeur que l’on transporte, ou même au format image/pdf sur une tablette suffisamment grande.
Notez que dans la même logique, avec certaines personnes, on peut commencer avec des tableaux très simples (6- 9 cases) et/ou des images à la place des pictogrammes (accès au sens plus simple). Là encore, l’outil de CAA est avant tout adaptable aux besoins et aux ressources de l’enfant.
Exemple : un tableau de pictogrammes autour du coucher

Ce tableau de pictogrammes pour le coucher regroupe le vocabulaire essentiel utilisé au moment d’aller dormir. Au début, il n’est pas attendu que votre enfant le pointe lui-même ou l’utilise de façon autonome. L’objectif est d’abord qu’il vous voie vous en servir. Pour cela, vous pouvez désigner les mots-clés tout en les disant à voix haute. Ce sera donc à vous, dans un premier temps, d’utiliser l’outil, sans attendre forcément que votre enfant vous réponde ou répète. Prenez votre temps, parlez lentement, et laissez-lui le temps d’observer.
Le vocabulaire est choisi et organisé sur la page afin qu’il corresponde plus facilement à la construction syntaxique d’une phrase.
Exemple d’une phrase avec le tableau autour du coucher : “Tu vas aller dormir avec doudou”

Autres supports visuels
Les supports visuels (comme les emplois du temps ou les calendriers) permettent de structurer et d’anticiper les activités du quotidien. Ils aident votre enfant à mieux se repérer dans le temps, à suivre une routine, et à limiter l’anxiété face aux imprévus. En y intégrant des pictogrammes issus de la CAA, ils deviennent encore plus accessibles et compréhensibles. Simples à utiliser et à transporter, ces outils sont très utiles dans les moments clés de la journée.
Vous cherchez un format plus pratique qu’un tableau ? Pourquoi ne pas créer un porte-clés de pictogrammes, à garder toujours sur vous ! Avec une plastifieuse et une perforatrice, vous pouvez fabriquer un support compact, personnalisé, facile à emporter partout.
Exemple d’outils visuels :
- Le repas (set de table A3)
- Les toilettes
Autres ressources disponibles
- Un exemple en vidéo d’utilisation d’un tableau de communication installé en salle d’attente à l’hôpital :
- Pack de départ CAApable ici
- Tableaux de communication rapides Proloquo2Go Crescendo ici
- La théorie des TLA (tableaux de communication) – CAApable ici
- Comment construire un TLA ? – CAAUSETTE ici
Si vous souhaitez créer un tableau sur mesure pour votre enfant, des guides peuvent vous aider à le personnaliser selon ses besoins : choix des pictogrammes (symboles, photos…), taille et nombre d’images par page, mode d’accès (pointage du doigt, de la main, du regard, etc.).
- A l’hôpital Robert Debré des outils de communication alternative et améliorée ont été développés pour accueillir au mieux votre enfant, ils vous seront présentés prochainement.
Communication Alternative et Améliorée : les signes
Pas besoin d’apprendre tout le Makaton ou la Langue des Signes Française dès le départ ! Comme pour les tableaux de communication, l’important est de commencer petit (de nombreuses crèches ont introduit des signes au quotidien), de les utiliser le plus souvent possible et de s’inscrire dans la durée. Il n’est ni nécessaire ni efficace de signer tous les mots d’un coup. Mieux vaut choisir quelques signes simples, liés au quotidien ou à des moments agréables pour votre enfant.
- On commence souvent par les besoins essentiels : manger, boire, encore, c’est fini, Maman, Papa, dodo…
- 5 à 10 signes suffisent pour débuter.
- Quand vous signez un mot, continuez à le dire à voix haute. Il n’est pas nécessaire de signer chaque mot de la phrase : par exemple, dire “Tu veux boire ?” en signant seulement boire suffit largement. Cette association du geste, de la parole et du contexte aide votre enfant à faire le lien et favorise l’apparition du langage oral.
- Laissez le temps à votre enfant d’observer. Il ne reproduira pas forcément les signes tout de suite, et c’est normal. Il apprendra d’abord en vous regardant.
Et si les signes sont mal réalisés au début (par exemple en cas de difficulté motrice), ce n’est pas grave : chaque tentative compte. Encouragez-les avec bienveillance, c’est ce qui favorise leur appropriation et leur répétition.
Pour aller plus loin :
Les bonnes pratiques en Communication Alternative et Améliorée
- Montrez-lui comme ça marche (et que ça marche !) : Si vous utilisez vous-même l’outil de communication, vous montrez à votre enfant que c’est un moyen valable de s’exprimer. Cela élargit ses possibilités et renforce sa confiance dans cet outil. Il apprend aussi en vous observant.
- Utiliser l’outil même à la maison, même si vous comprenez votre enfant : ce n’est pas parce que vous le comprenez sans outil que celui-ci devient inutile. Au contraire, cela vous permet de lui montrer comment s’en servir dans un cadre sécurisé. C’est une bonne occasion de modéliser, c’est-à-dire montrer l’utilisation, sans que l’enfant soit en difficulté, et de l’encourager à l’utiliser dans différents contextes. Et peut-être qu’un jour, il vous dira quelque chose que vous n’auriez pas deviné autrement…
- L’utiliser dans tous les environnements : Plus votre enfant utilise son outil dans des lieux variés (à la maison, à l’école, dans les magasins, les transports…), plus la communication devient naturelle, fluide et spontanée.
- Laisser à disposition tous les pictogrammes habituels : Surtout avec des outils comme le PECS, il est important que votre enfant garde l’accès à l’ensemble de ses pictogrammes, même si vous ne pouvez pas toujours répondre à sa demande. Quand un enfant qui parle vous demande 20 fois des biscuits, vous ne l’empêchez pas de parler. C’est pareil avec un classeur de communication.
- Commencer par un vocabulaire simple, centré sur ses besoins : Essayez de penser à ce que votre enfant aimerait vous dire dans son quotidien. L’objectif n’est pas d’en faire un outil scolaire ou un moyen de donner des consignes, mais bien de soutenir une communication spontanée, à partir de ses intérêts (jeux, aliments, activités préférées…).
- Répéter, encore et encore : Comme pour le langage oral, plus un mot est entendu ou vu, plus il est intégré… puis utilisé. N’hésitez pas à reformuler, pointer, signer, répéter — chaque exposition compte.
- Encourager la multimodalité : Un enfant peut s’exprimer avec des mots, des gestes, des pictos, des mimiques… L’essentiel est de reconnaître toutes ses tentatives et de les soutenir. Si votre enfant montre un objet du doigt, inutile de faire semblant de ne pas comprendre. Profitez-en pour reformuler son message à l’oral, en montrant le pictogramme correspondant.
- Valoriser chaque échange : Quand votre enfant utilise son outil de communication, soyez présent, attentif, et encourageant. Plus l’échange est valorisant, plus il aura envie de recommencer.
Consulter nos autres fiches sur la CAA ici et ici.
Consulter nos autres fiches et vidéos ici.
Sources
Centre de référence DI & TND de causes rares (DéfiScience)
L’équipe de la valise C3A
Références
Contenu rédigé par l'équipe de l'Institut du Cerveau de l'Enfant (AP-HP).