Aller au contenu principal

Mon enfant prend un traitement pour son TDAH : comment accompagner « la fringale » de fin de journée?

Rédigé par l’équipe de l’Institut du Cerveau de l’Enfant
4 min de lecture
Mon enfant prend un traitement pour son TDAH : comment accompagner « la fringale » de fin de journée?


Les  psychostimulants sont les traitements du TDAH les plus prescrits, notamment le Méthylphénidate. Ces traitements peuvent avoir un effet coupe-faim pendant la journée, pour en savoir plus, vous pouvez lire cette autre fiche pratique ici.

La fringale de fin de journée est fréquente chez les enfants traités par psychostimulants. Elle survient lorsque l’effet du traitement diminue et que la sensation de faim réapparaît. Ce n’est ni un caprice ni un trouble du comportement alimentaire. C’est une faim compensatoire physiologique. C’est-à-dire que le corps réclame l’énergie qu’il n’a pas reçue pendant la journée du fait de l’effet « coupe-faim » du traitement pendant sa durée d’action. Cette faim contribue à équilibrer les apports sur l’ensemble de la journée et participe au maintien d’une croissance adaptée. Elle reflète le fonctionnement normal des mécanismes de régulation de la faim, mais peut parfois être source de conflit entre l’enfant et ses parents.


La fringale de fin de journée peut être vue comme un moment favorable pour compléter les apports de la journée. L’objectif n’est pas de la freiner, mais d’accompagner votre enfant afin que ces prises alimentaires s’intègrent naturellement dans son équilibre alimentaire

Voici quelques stratégies pour accompagner votre enfant dans la gestion de cette fringale de fin de journée afin de soutenir des apports adaptés à ses besoins, dans un cadre serein et sans conflit.



N’attendez pas que l’enfant soit affamé pour agir.

Le timing : Proposez une collation dès le retour de l’école, même si l’enfant dit « ne pas avoir très faim ». 

Le contenu : Pour éviter que l’enfant ne se jette uniquement sur le sucre (ce qui excite le cerveau déjà fatigué par la journée), privilégiez les aliments à index glycémique bas/moyen et riches en fibres qui rassasient durablement.

Exemples : Pain complet avec du fromage, yaourt avec des noix, ou une pomme avec du beurre d’amande. Limitez les sucres rapides, les gâteaux industriels notamment.



Le petit-déjeuner, le déjeuner, la collation du goûter, le dîner et, si besoin, une collation du soir, permettent de répartir les apports de façon adaptée au rythme d’appétit de votre enfant.



Puisque c’est le moment où il peut enfin manger avec appétit, le repas du soir constitue souvent un moment important pour compléter les apports nutritionnels.

Priorité aux glucides complexes : pâtes complètes, riz, lentilles ou patates douces. Ils stabilisent la glycémie et évitent les réveils nocturnes pour cause de faim.

Enrichissement : Ajoutez des bonnes graisses (huile de colza, avocat, beurre) pour augmenter les calories sans augmenter le volume de l’assiette.



En fin de journée, le TDAH revient « à plein régime ». L’enfant a plus de mal à s’auto-réguler.

Proposer les aliments dans un cadre structuré et un temps dédié, comme le goûter ou le repas du soir, plutôt que sous forme de grignotages, permet d’intégrer ces prises alimentaires dans l’équilibre global de la journée.

La fringale peut parfois s’accompagner d’un besoin de manger rapidement. Tout en restant calme, voire en faisant un peu d’humour, vous pouvez demander à votre enfant de manger un peu plus lentement.

Vous pouvez aussi intégrer une conversation au repas, demandez-lui de vous raconter sa journée, pour ralentir un peu le rythme de l’alimentation, tout en transformant le temps du repas en un moment d’échange. Un cadre rassurant, sans jugement, aide votre enfant à retrouver progressivement une régulation naturelle de son appétit.

L’assiette déjà composée : vous pouvez servir une assiette déjà prête, où vous contrôler le contenu et les quantités, plutôt que des plats au centre de la table pour éviter le service compulsif.



Dans certains cas, votre médecin peut envisager de donner un traitement à longue durée d’action (12h par exemple) qui permet de poursuivre l’effet du traitement jusqu’à l’heure du dîner et éviter les fringales de fin d’après-midi ou début de soirée.

Dans d’autres situations, il peut envisager de rajouter un complément de traitement à action courte (4h) dans l’après midi qui permettra également de prolonger l’effet du traitement jusqu’au dîner.

Consultez nos deux autres fiches Mon enfant modifie son alimentation depuis qu’il prend son traitement pour le TDAH – que faire ? ici et ici

Consultez nos autres fiches ici.

Partager la fiche

Références

Contenu rédigé par l'équipe de l'Institut du Cerveau de l'Enfant (AP-HP).