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Dyscalculie : quand la suspecter chez son enfant ?

Rédigé par l’équipe de l’Institut du Cerveau de l’Enfant
5 min de lecture
Dyscalculie : quand la suspecter chez son enfant ?


La dyscalculie développementale (ou trouble spécifique des apprentissages mathématiques) est un trouble des apprentissages qui affecte la capacité à comprendre et à utiliser les mathématiques. Les enfants ou adultes concernés peuvent rencontrer des difficultés à manipuler les nombres, réaliser des calculs, comprendre des concepts mathématiques et résoudre des problèmes malgré un niveau intellectuel dans la norme et des opportunités d’apprentissage appropriées. 

La dyscalculie peut être associée ou non à d’autres troubles du neurodéveloppement comme le trouble du langage oral, le trouble d’apprentissage du langage écrit (dyslexie-dysorthographie), le trouble de la coordination ou le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. 

Les difficultés peuvent apparaître précocement au cours de la scolarité ou se révéler plus tard, lorsque les attentes scolaires deviennent plus importantes.

Ce trouble peut avoir un impact significatif sur la vie scolaire (apprendre les mathématiques) et quotidienne (acheter, mesurer, cuisiner, se déplacer…) de l’enfant et de l’adulte qu’il deviendra. La dyscalculie peut entraîner une appréhension et un évitement des activités nécessitant de compter ou de raisonner. On parle alors d’anxiété mathématique

Dans cette fiche nous vous proposons quelques signes qui peuvent faire suspecter un trouble et justifier la demande d’un avis médical ou orthophonique. Il faut garder en tête que les compétences en mathématiques évoluent avec le temps et que les signes seront différents en fonction de l’âge de votre enfant. Il faut également savoir qu’il est possible de diagnostiquer et de proposer une rééducation à tout âge de la vie.



Un repérage précoce de la dyscalculie est souhaitable car il permet de mettre en place des adaptations pédagogiques rapidement et de proposer un bilan diagnostique et une prise en charge spécialisée si nécessaire. 

Nous vous proposons des critères de repérage selon l’âge de votre enfant et le contexte. Attention : certaines de ces observations peuvent fréquemment être retrouvées dans le développement normal de l’enfant. Elles doivent alerter lorsqu’elles sont nombreuses, importantes, persistantes dans le temps (plusieurs mois) et qu’elles ont un impact sur les apprentissages scolaires, sur les résultats ou sur le fonctionnement au quotidien de votre enfant.

  • Difficultés à dénombrer (compter) 4 objets.
  • Difficultés à trier des objets par catégorie (couleur, forme, taille, etc…).
  • Difficultés à réciter les nombres de 1 à 10 dans l’ordre, ce que l’on appelle la “comptine numérique”.
  • Difficultés à ordonner des objets selon une règle simple (ex : du plus petit au plus grand).
  • Difficultés à dénombrer (compter) 10 objets.
  • Difficultés à reconnaître les chiffres sous leur forme arabe de “0” à “9”.
  • Difficultés à comprendre ou à utiliser des mots mathématiques comme “le premier, le dernier, au début, au milieu, à la fin…”

En CE1 :

  • Difficultés à placer approximativement des chiffres sur une ligne non graduée qui va de 0 à 100.
  • Difficultés à réciter les nombres de 0 à 50.
  • Difficultés à compter sans utiliser ses doigts.

Tout au long du primaire : 

  • Lenteur en calcul et erreurs fréquentes dans les opérations élémentaires (additions, soustractions).
  • Difficultés à apprendre et retenir les tables d’addition et de multiplication.
  • Difficultés à utiliser ou comprendre des mots mathématiques employés en classe comme “unité, dizaine, centaine, pair, impair, somme, différence, croissant, décroissant…”, ou le nom de figures géométriques et d’unités de mesure.
  • Difficultés à estimer des quantités approximatives dans un ensemble, ou à identifier des quantités invraisemblables (ex : “il y a 100 cheveux sur ma tête”, “il y a 500 yaourts dans notre frigo”).

En fin de primaire (CM1) :

  • Difficulté à faire preuve de flexibilité dans l’utilisation de ses connaissances numériques (réinvestir sa connaissance des mécanismes des nombres entiers pour manipuler des nombres décimaux) ou arithmétiques (réinvestir sa connaissances des tables de multiplication pour être efficace en division).

Au collège :

  • Lenteur ou erreurs persistantes pour la lecture et l’écriture de nombres jusqu’à six ou sept chiffres.
  • Difficultés à utiliser ou comprendre des mots mathématiques complexes comme “équation, fonction, linéaire, abscisse, ordonnée…”
  • Lenteur, nombreuses hésitations ou erreurs sur les tables de multiplication (retrouver un résultat de mémoire).
  • Lenteur excessive et stratégies inadaptées pour résoudre des problèmes complexes.

A tout moment du parcours scolaire (et même plus tard) :

  • Anxiété ou évitement des apprentissages mathématiques à l’école, pouvant aller jusqu’à une perte de motivation scolaire.
  • Anxiété ou évitement de situations de la vie quotidienne qui demandent des compétences mathématiques, y compris simples (mettre la table pour un bon nombre de couverts, manipuler l’argent, utiliser un calendrier, lire l’heure, suivre une recette de cuisine, faire du bricolage, gérer un budget, effectuer certaines tâches administratives…).


Comme précisé plus haut, c’est lorsque ces difficultés sont nombreuses, importantes, persistantes et impactantes sur la scolarité ou le quotidien de votre enfant, qu’il est souhaitable de demander l’avis d’un professionnel (le plus souvent le pédiatre ou médecin généraliste qui pourra vous orienter, le cas échéant, vers une évaluation orthophonique spécialisée en cognition mathématique).

Il faut également garder en tête que la dyscalculie est fréquemment associée à d’autres troubles du neurodéveloppement, comme le trouble du langage oral, le trouble d’apprentissage du langage écrit (dyslexie-dysorthographie), le trouble de la coordination ou le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. Faire la part des choses entre ces différents troubles relève de l’évaluation des professionnels de santé qui interviendront dans le parcours de soin de votre enfant.

Consultez notre autre fiche sur la dyscalculie ici.

Consultez nos autres fiches et vidéos ici.

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Références

Contenu rédigé par l'équipe de l'Institut du Cerveau de l'Enfant (AP-HP).